La France au Portugal
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Présentation et historique

La restauration de la démocratie, consécutive à la Révolution des œillets du 25 avril 1974, et l’adhésion du Portugal en 1986 à la Communauté économique européenne ont scellé les retrouvailles du Portugal avec le continent européen, et, au-delà avec la France, pays avec lequel les relations - au demeurant fort anciennes (cf l’appartenance de la première dynastie royale portugaise à la lignée des Bourgogne) et plus ou moins denses au gré des vicissitudes de l’histoire - se sont dès lors, à nouveau, singulièrement étoffées.

1. Au niveau politique, à la quasi-inexistence des contacts ayant caractérisé la période de la dictature salazariste a succédé une phase de rencontres régulières, non seulement au sein des enceintes communautaires, mais aussi sur un plan plus strictement bilatéral. Parmi les contacts récents, il convient de relever, outre les multiples réunions bilatérales au niveau ministériel (15 depuis juin 2002), les visites d’Etat au Portugal du Président de la République en 1987 et 1999, la venue du Premier Ministre français à Lisbonne en juin 1998 et surtout, le 31 octobre 2003, afin de porter sur les fonts baptismaux, en compagnie de quatre de ses ministres, la première réunion bilatérale de haut niveau franco-portugaise. Venant consacrer solennellement l’intensité particulière de la relation entre nos deux pays (Lisbonne n’a de telles réunions au sommet qu’avec trois de ses partenaires, à savoir l’Espagne, le Brésil et le Maroc, tandis que la France n’en organise avec pratiquement aucun pays non-frontalier), ces réunions ont vocation à se tenir annuellement, selon une formule originale et souple permettant d’associer la société civile aux débats ainsi qu’à la réflexion.

Symétriquement, le Premier ministre portugais s’est rendu à Paris à de multiples reprises (M.Durao Barroso y est allé notamment en novembre 2002 , en mars et en décembre 2003) tout comme le chef de l’Etat portugais, M.Sampaio, en mars 2000, en avril 2001, et en juillet 2003.

2. Sur le plan économique et financier, une évolution similaire, allant dans le sens d’une interdépendance croissante, est également perceptible. Les flux commerciaux ont ainsi cru spectaculairement ces dernières années et la France est devenue le 3ème client (avec 3,3 milliards d’euros d’exportations portugaises en direction de la France) et fournisseur (avec 4,7 milliards de biens exportés vers le Portugal). Dégageant un solde positif en faveur de la France (le Portugal représente le huitième excédent commercial français en 2002), les échanges bilatéraux reflètent les points forts des appareils productifs respectifs. Les exportations françaises sont ainsi principalement constituées de biens d’équipement professionnel, de consommation, de produits des secteurs automobile et agro-alimentaire, tandis que celles du Portugal à destination de l’hexagone restent dominées par celle du secteur " textile-habillement-cuir ".

Parallèlement, la France s’est hissée au rang de 5ème investisseur étranger (avec 8,4 % des encours au 31 décembre 2002, et un stock total de capitaux s’élevant à 3,7 milliards d’euros), les firmes françaises étant particulièrement présentes dans les secteurs du bâtiment et des travaux publics, des transports et communications, et de la grande distribution. Au total, ce sont près de 400 filiales françaises, employant plus de 70 mille personnes, qui sont implantées au Portugal. Réciproquement, les investissements portugais en France tendent à croître sur le moyen terme et sont loin d’être négligeables (540 millions d’euros en stock) en dépit d’une moindre visibilité.

3. En matière culturelle et éducative, la présence d’une importante communauté portugaise en France (évaluée à près de 800 mille personnes, dont de nombreux bi-nationaux bilingues, qui font office de véritables " passeurs " entre les deux cultures, contribuant à la familiarité des esprits) et, dans une nettement moindre mesure, française au Portugal (estimée à 30 mille personnes), ainsi qu’une francophonie, et parfois francophilie, des milieux intellectuels et artistiques portugais a permis de nouer une collaboration étroite entre les deux pays.

En ce qui concerne l’éducation, l’action de la France au Portugal s’appuie tout d’abord sur l’existence d’un réseau scolaire (Lycée Charles Lepierre de Lisbonne et école Marius Latour de Porto) et culturel (instituts franco-portugais de Lisbonne et de Porto et 20 alliances françaises) dense. En outre, la France accueille un nombre non négligeable d’étudiants portugais (3300 en moyenne chaque année) et de chercheurs portugais, et s’avère le pays d’Europe où la langue portugaise est la plus enseignée.

Dans le domaine culturel, outre l’organisation d’innombrables manifestations conjointes (le Portugal a ainsi été l’invité d’honneur du salon du livre à Paris en mars 2000, tandis que la France était celui de l’édition portugaise organisée en novembre de la même année, transposition des folles journées musicales de Nantes chaque année à Lisbonne, ou plus récemment spectacle " Luzboa ", etc), la coopération se traduit par l’existence d’une radio bilingue dans la capitale portugaise (Radio Paris Lisbonne) et la diffusion de 5 chaînes francophones sur le réseau câblé local, tandis qu’inversement la communauté portugaise en France dispose d’une radio lusophone (radio alfa) et de deux canaux sur le câble (permettant la réception de la RTP internationale et de la SIC).

Enfin en matière scientifique, la collaboration active entre nos deux pays, qui repose notamment sur 8 accords conclus avec l’Institut de coopération scientifique et technologique internationale, a permis à la France de devenir le premier partenaire bilatéral du Portugal, ce qui se traduit par la participation régulière de scientifiques français à des colloques au Portugal mais aussi de leurs homologues portugais à des séminaires en France, ainsi que par la réalisation conjointe chaque année de plus d’une centaine de projets scientifiques.